Hors-champ(s)

Commissaire

Nicola Lo Calzo (Italie)

Artistes

Brandon Gercara (La Réunion),
Collectif K2D (Haïti),
Davide Degano (Italie),
Marcello Coslovi (Italie), dach&zephir (Guadeloupe)
et Gosette Lubondo (RDC)

© Brandon Gercara

Où ?

Salle Nora Legendry, EPCC Les Trois Fleuves, route de Montabo, Cayenne

• Quand ?

Du 15 novembre au 9 décembre 2023

Du mardi au samedi : 9H - 12H30 // 13H30 - 17H


Le hors-champ est le lieu des possibles. Il renvoie à une absence autant qu'à une présence. Dans cette exposition, il fait référence à ces récits qui ont été historiquement minorés, disqualifiés ou invisibilisés, des narrations sorties du cadre dominant et dont l’existence est pourtant bien réelle.

S’y côtoient des photographies de la diaspora ghanéenne en Italie par Marcello Coslovi, des collages questionnant la notion d’altérité et de créolité glissantienne du duo français dach&zephir, des images mémorielles du crime duvalieriste par le collectif haïtien K2D, des actions corporelles de l’artiste et militant·e queer réunionnais·e Brandon Gercara, un voyage imaginaire dans la Kinshasa post-coloniale de la congolaise Gosette Lubondo ou encore des photographies « métisses » de l’artiste italo-colombien Davide Degano. Il est ici question d’un autre paysage, redessiné à partir des impensés coloniaux (de « race », de genre et de classe).

Le paysage est proposé comme support de la mémoire et de l’identité ainsi que comme lieu de politisation des combats et des luttes subalternes, queers, antiracistes, marronnes, féministes, migrantes. Pour les artistes, photographier est aussi une manière consciente d'être et de se représenter au monde : donner et recevoir des visages, transmettre des expériences, des modes d'être, produire des discours sur soi et sur l'autre dans lequel il est enfin possible de se reconnaître.

A propos du
commissaire

Nicola Lo Calzo (Italie)

Commissaire de l’exposition Hors Champ(s), il est un photographe et enseignant-chercheur italien basé à Paris. Interrogeant les notions de corps subalterne, de mémoire et d’histoire politique à partir d’une posture queer, il cherche notamment à traiter des façons dont les minorités interagissent avec leur environnement et développent des stratégies de survie et de résistance post-coloniales. Depuis 2010, il s’intéresse avec Kam, un projet au long cours, aux mémoires de la résistance à l’esclavage et au colonialisme. De 2015 à 2019, il collabore avec le kolektif D2 au projet Kazal, autour de la mémoire de la dictature de Duvalier en Haïti. En 2022, en collaboration avec le Jeu de Paume, il organise le séminaire A Queer Photo Archive. Son travail fait l’objet de nombreuses expositions (au Macaal à Marrakesh, Afriques Capitales à Lille, au Musée des Confluences à Lyon, au Musée National Alinari de la Photographie à Florence, au Tropenmuseum à Amsterdam...) et se trouve dans d’illustres collections privées et publiques. Auteur de Binidittu (2020), Regla (2017), Obia (2015) et Inside Niger (2012), aux éditions Kehrer, il collabore régulièrement avec la presse internationale. 

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Panser les paysages (post)-coloniaux, Estelle Lecaille